mardi, 01 juillet 2008

Si je m'écroule, c'est que je dessoule...

Assise au milieu de trois valises ouvertes à 21h30…un peu plus…entrain de trier des papiers parce que je n’ai pas la force de le faire avec mes affaires. Je ressens cette vieille angoisse : comment suis-je supposée ranger un an de ma vie dans trois valises ? Comment suis-je sensée choisir ce que je ramène et ce que je laisse sachant que la valise qui est en trop, celle qui me met dans cet état de doute, est celle qui ne contient que des affaires qui ne sont pas pour moi ? Un an de cadeau à faire…

When you’re gone d’Avril Lavigne dans les oreilles…je commence à ramasser mes genoux et les ramener contre ma poitrine…j’ai envie de pleurer.

On frappe à ma porte et je me lève, découvrant un papier blanc, mot tracé au stylo sous celle-ci. Merde ça c’est ma host qui me donne des instructions pour demain, quand elle les écrit c’est comme une sentence, même pour quatre jours elle va trouver le moyen de me faire chier…j’ouvre la porte : mellerette numéro un me montre le papier du doigt. Sa mère la gronde gentiment, elle aurait pu attendre demain matin ou une reprise de conscience pour me faire la surprise quand même…et dire que moi l’idiote je suis entrain de me prendre la tête pour des valises que je peux pas peser…me demandant même s’il ne faut pas que j’aille en acheter une autre demain, en urgence, une plus petite que je vais blinder et faire passer pour un bagage à main.

Breathe…j’y arrive pas ! On a beau me répéter que dans cinq jours je serai à Hawaii, je n’arrive pas à me calmer. Ma chambre est envahie de vêtement, de papier, de souvenir, Blow away your stupid thougths…ça va être 22h, je suis toujours en mode lapin duracel, le lapin qui va exploser en mille morceau…ma chambre n’a pas l’air vidé et pourtant petit à petit…je sais plus quoi faire. Je n’ai pas de balance pour peser mes valises, mon nez s’emplit d’eau…je me sens perdue, désemparée devant une montagne de chose à rentrer.

J’en peux plus…j’en peux plus…j’ai la gorge, la poitrine dans un étau…entre tous les maux de la terre, il a fallut que je ressente une ronde de chacun d’entre eux, suffisamment fort pour que ça fasse mal…je vous jure que j’ai vraiment du mal à respirer…

Même taper sur ce clavier semble empirer le mal…

 

Avez-vous déjà ressentit ça ? Etre assis au milieu des valises, analysant le temps qui s’est écoulé depuis que vous avez défait les précédentes, le sourire d’avant est parti, d’ailleurs l’avant semble si loin. Comme si vous paquiez une vie dans trois contenaires, mais que vous ne saviez pas où allez. Comme si vous preniez la décision la plus dur de votre vie, assis par terre et soupirant…la nuit tombant et vous devant stopper votre geste…vous demandant à quel moment vous pourrez faire vos valises avec votre travail de dingue qui vous laisse à peine respirer sans tremblement, manger sans nervosité…manger tout court.

 

Et tout ce que vous voudriez, c’est que quelqu’un d’aimable, vienne vers vous, vous tende la main et dise : « Balance tout, on s’en fous, on s’en va ! ». Alors là vous seriez capable de tout mettre dans vos trois valises sans avoir peur de devoir appeler la line d’avion qui vous emporte vers vos lendemain qui chantent pas plus que ceux d’hier, de devoir vous séparez d’une partie de vos affaires non pas par matérialisme mais parce que vous voulez pas, parce que vous avez déjà tant perdu dans l’histoire et que vous n’êtes pas sûr d’y avoir gagné…vous aimeriez qu’on vous accorde une journée de repis, une seule, où vous pourriez vous organisé sans personne pour vous cassez les pieds ou vous frappez dans le ventre, mais vous n’avez que quelques heures avant d’aller vous coucher, quelques heures et même plus si vous décidez de ne pas aller vous coucher.

 

Je deviens folle…

J’en peux plus…que quelqu’un vienne m’achever, par pitié !

Ce n’est pas la ligne droite que je redoute, ce n’est pas la fin…c’est que déjà je n’ai plus de temps et je suis impuissante !!

 

La prochaine fois que je m’apprête à faire une connerie pareille, filer moi une bonne baffe !!!

 

Je vais craquer, je vais briser le petit nerf là, celui qui fait ce qu’il peut pour gérer la crise…Pourquoi je ne peux pas…juste…respirer ?!

 

Voilà, ce soir encore j’ai pleuré…je vais demander une prime mouchoir, quoique personne ne me croira puisque je vais toujours bien.

Je vais aller me coucher et dormir la dessus moi...tu parles si je vais faire de beaux rêves!!!

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