mercredi, 23 juillet 2008
Muet.
(je l'ai écris avant de partir en vacances et j'ai jamais pu le poster...)
Elle fit ses valises, doucement, silencieusement.
Elle avait du mal à respirer, constamment ses poumons décidaient d’arrêter de fonctionner.
Elle était assise et triait ses papiers : une pile à Lui, une pile à elle.
Et puis elle la trouva, la photo de leur grand moment : il la tenait contre sa poitrine, il la gardait jalousement avec un sourire de conquistador…un con qui s’adore…
C’est là que la larme se détacha et que ses genoux remontèrent contre sa poitrine.
« Tu es sûre que c’est ce que tu veux ?! » demanda son frère en poussant la porte de la chambre. Il ne l’avait jamais vu si résolument belle. Elle eut un petit sourire charmant, désespérant.
Elle attrapa le briquet qu’elle gardait toujours dans sa poche en reflex d’ancienne fumeuse de Marlboro. La photo dans l’autre, elle y mit le feu et y jeta dans la poubelle en aluminium. « Plus que jamais. ». Le plus dur n’était pas de le quitter, vraiment, mais plutôt de savoir se qu’elle garderait de cette expérience.
Les roses, les chocolats, ceux là avaient été fanées, périmés.
La bague ? Du toc qui lui faisait les doigts verts…de rage décidément.
S’étalait à ses pieds cinq ans de vie commune et dans la poubelle, le symbole du plus long aveuglement de sa vie, brûlant comme un feu de paille.
Elle se recula légèrement, indiqua à son déménageur attitré et compatissant, une valise orange dans le coin. Habits d’été qu’elle reporterait sans doute si, à nouveau, elle pouvait sentir un peu de chaleur. Elle alla se poser de tout son poids sur la bleue, pour la fermer : habits d’hiver. Ceux qui protégeraient la glace qui se formait autour de son palpitant.
Elle ne toucha pas à ses affaires à lui. Pas de vengeance mesquine à coup de ciseau, pas de moment de folies fenêtres ouvertes, pas même un frôlement amer.
Nouvelle coupure d’oxygène. Elle refusait de pleurer pour ça, pour Lui. Elle était en pleine hyperventilation lorsque son frère revint poser sa main sur son épaule : « Ca va aller ma belle. Tu peux rester chez nous autant de temps que tu veux ! ». Elle ne put réprimer cette envie de lui embrasser la paume de la main. Ironique de constater que c’était son petit frère qui était maternelle avec elle, cette fois.
Elle se moucha, jeta le tout au feu et prit la bouteille d’eau sur le bureau et promit à l’unique homme intéressant de sa vie de ne pas tarder à le rejoindre sans les clés de l’appartement.
Elle éteint le feu de poubelle, lâcha la bouteille vide au dessus et traça deux mots sur un post-it rose en forme de cœur.
Pauvre con !
**
Il n’avait pas envie de rentrer. Il savait se qui c’était passé. Les souvenirs revenaient comme un mauvais film dont on ne pouvait se défaire.
Une erreur. Un faux pas. Impardonnable.
Comment allait-il expliquer le glissement de terrain ?
Il c’était assit longtemps sur un banc, un peu avant son immeuble. Il avait prit sa tête entre ses mains et il avait soupiré bruyamment : « Qu’est ce que j’ai fait ? »
Les yeux humides mais cette stupide volonté de virilité masculine qui l’obligeait à les retenir dans ses orbites. Et si elle savait déjà ? De toute façon elle sentirait l’odeur de son parfum poivré dans chacune de ses tentatives d’explication.
Il tourna la clé dans la serrure avec cette peur enfantine de découvrir un appartement dévasté, cambriolé par celle qui avait rempli sa vie depuis cinq ans, celle à qui il avait demandé sa main pas plus tard que deux jours avant…avant…avant cette célébration prématurée de son engagement.
Se qui c’était vraiment passé, il ne s’en souvenait pas. Mais la culpabilité se lisait sur chaque particule de ses mains moites, de son souffle chaud, de ses yeux dessoulés.
Il ne manquait rien dans l’appartement, à part Elle.
Dans la chambre, elle avait fait le vide. Elle avait disparut.
Comme s’il avait rêvé l’avoir possédé un jour. Une pile de papier à trier trônait sur son bureau, rangé parfaitement.
La poubelle avait prit une teinte intéressante, pas de quoi appeler les pompiers.
Les placards étaient remplis de ses chemises, de ses caleçons. Pas un vêtement froissé, déchiqueté, pas une trace de violence, d’énervement.
Rien.
Si, là, sur le lit conjugal, un post-it, un seul.
En rose au milieu du lit plus si blanc.
Dessus, deux mots que même le plus idiot des idiots n’auraient pas eut besoin d’analyser.
Pauvre con !
19:15 Publié dans Nouvelles diverses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

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