mardi, 23 juin 2009

Amorce.

Voici un début d'histoire que j'ai retrouvé par hasard dans mes penses bêtes (je suis très organisée) alors avant que je le supprime definitivement ou même que je decide de le reprendre dans quelques dizaines d'années, voila je vous l'offre parce que je le trouvais pas trop mal...

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Le petit chaperon noir ne devait pas faire plus d’un mètre soixante cinq. Une démarche incertaine comme celle des ivrognes…ou plus exactement celle des filles qui reviennent d’une fête au levé du jour, les pieds endoloris par des talons trop hauts, trop étroits, trop pointus. Le vent soufflait de travers, quelques mèches rouges d’une chevelure cerise s’amusaient à danser hors de la capuche, quelques brins d’un tissu blanc jaunis, dépassés, montraient le nez avec le bout d’un fourreau à épée.

-                La nuit était tombée aussi rapidement que l’avait fait l’ange maudit dans le monde aux allures de Londres à l’époque de Jack the ripper. Une main d’homme aussi propre que délicate vint se poser doucement sur son épaule. Naphtaline se retourna avec violence et plaça sa lame affûtée sous la gorge de l’importun. L’homme l’observa d’un œil dubitatif, faisant marcher la légendaire flegme britannique : « N’est-il pas dangereux de tenir une épée quand on est aveugle ?

-                N’est-il pas dangereux de boire quand on a plus de foie ? ». Question rhétorique qui n’aurait mérité d’obtenir une réponse qu’en cas d’envie kamikaze. Il était vrai, certes, que Naphtaline ne visait pas le foie mais plutôt le cou de l’homme, pourtant il avait comprit l’idée. Il se tut, hésitant entre poursuivre son chemin ou…pourquoi avait-il stoppé la jeune femme déjà ? Ah oui, les rues n’étaient pas sûres durant la nuit et sa générosité de gentleman l’avait poussé à…n’était-elle pas entrain de le menacer d’un objet tranchant ? Il pouvait donc partir du principe qu’elle ne courrait aucun danger. Sauf peut être… « Si vous baissiez votre arme chère amie et que vous vous concentriez sur votre jambe gauche…vous seriez surprise de voir qu’elle est en sang ! ». Naphtaline pencha la tête, sans grande surprise. Le fléau qu’elle avait calé à sa ceinture lui rentrait dans la jambe avec un effet de ressort à chaque enjambée. Il était donc évident qu’à force le sang devenait abondant le long de sa cuisse angélique. L’absence de douleur la rendait in importante. « Vous ne m’avez pas dit ce que vous me vouliez, monsieur ! » répondit-elle en tirant le manteau sur sa jambe sans lâcher l’épée. Tout au long des heures qu’elle avait passé dans ce monde, il était le seul qui ne détalait pas comme un lapin lorsqu’elle montrait son épée, ou sa face.

Richard était amusé par la repartie de l’ange mais par son apparence également. La guerre qu’elle avait disputé ne l’arrangeant pas, elle affichait au monde un visage marqué et fatigué, un œil recouvert d’un voile naturellement blanc prouvant l’handicap, un autre dont la pupille et l’iris étaient plus noirs que l’ébène. Ses longs cheveux cramoisis faisaient des nœuds sur ses épaules et se collaient sur son front à cause du sang séché qui semblait la couvrir. Elle sentait le fer. Elle avait un air de chien clochard qui aurait perdu un combat contre un pitbull.

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